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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/208

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L’ÉPOUVANTE

que lui à ne pas ébruiter l’affaire en cas d’insuccès, ne connaîtrait l’emploi de sa nuit.

Depuis le Luxembourg, Coche n’avait plus tourné la tête. Il allait devant lui, au hasard, plus averti du danger par son instinct que par le regard échangé avec le policier. Par instants, il ralentissait sa marche pour mieux entendre le bruit de ce pas qui se mesurait sur le sien. Une seconde, lorsque les deux policiers s’étaient rencontrés, il s’était cru sauvé. À ce moment, s’il avait trouvé une rue transversale, il aurait fui à toutes jambes, mais bientôt le bruit de pas lui était parvenu, plus net, et il avait compris que deux hommes au lieu d’un étaient à sa poursuite. Il retrouvait dans sa course des angoisses pires que celles de la nuit du crime, quand il remontait seul le boulevard désert. La même peur de l’inconnu le tenait, le même silence que rien ne traversait, emplissait ses oreilles ; plus le terrain s’allongeait au-devant de lui, plus il se hâtait et moins il croyait avancer. Il sentait des regards peser sur sa nuque, devinant les voix chuchotantes, comme si l’imperceptible frisson qu’elles mettaient dans l’air était arrivé