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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/204

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L’ÉPOUVANTE

sûr que le journaliste ne pourrait plus sortir sans qu’il le vît. Vers deux heures, la porte s’ouvrit enfin. Coche demeura un instant immobile, et referma sans bruit. Javel le vit hésiter, puis faire un pas, regarder à droite et à gauche, et enfin partir, droit devant lui. Il lui laissa prendre quelques mètres d’avance, et se mit en marche à sa suite. Ils descendirent ainsi jusqu’aux boulevards, gagnèrent les quais par la rue de Richelieu et traversèrent la Seine.

— Du diable si je sais où il m’emmène, murmura Javel en le voyant remonter dans la direction de la place Saint-Michel ; mais où qu’il aille je ne le lâcherai pas avant de l’avoir couché.

Coche prit le boulevard Saint-Michel et s’arrêta près du Luxembourg, semblant s’orienter.

— Qu’est-ce que ça veut dire ? pensa Javel. Il connaît sûrement le quartier… et il a l’air de ne pas savoir ce qu’il veut…

Et il ajouta à mi-voix :

— Allons, mon vieux, c’est l’heure de te coucher…

Juste au même moment, Coche se tourna vers lui. Leurs regards se croisèrent. Javel ne bougea