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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/164

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L’ÉPOUVANTE

fallait encore qu’il fournit des armes à ceux qui sont toujours prêts à dénigrer la police !

Certes, on n’attacherait que peu d’importance à cet article rempli d’invraisemblances ; certes il était sûr de tenir la bonne piste, et le succès final lui donnerait raison. Mais, n’était-il pas étrange en vérité, que le journal en faveur duquel il avait fait quelque chose d’irrégulier, fût le premier à discuter son enquête, à la discréditer ?

— Décidément, se dit-il, ces gens-là sont tous atteints de la manie des grandeurs. Parce que le hasard leur a permis de donner une information sensationnelle, ils se croient tout permis. Ils mènent une instruction parallèle à la mienne. Au fond, n’était cette histoire des traces qui peut m’obliger à des explications, cet article ne peut que faciliter ma tâche. Que le coupable s’imagine qu’on cherche d’un côté opposé à celui où il se trouve, il commettra des imprudences, il se cachera moins, et se livrera tout seul… C’est égal, la leçon me profitera.

Il entra dans le bureau du secrétaire, et le journal à la main, lui dit :

— Vous avez lu ?