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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/157

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L’ÉPOUVANTE

mise en marche hésitante d’abord, puis plus brutale, de cette machine énorme, maladroite parfois, redoutable toujours, qui a nom « La Justice ». Il était un peu comme un oiseau qui verrait tomber sur lui, lentement, de très haut, un filet gigantesque, dont les mailles se resserreraient à tout instant, et qui pourrait comprendre que c’est le piège inévitable destiné à tomber finalement sur lui.

Il réfléchit qu’en dehors de la scène terrible de la nuit, il n’avait rien fait, et que le temps passait ; qu’il était nécessaire d’agir, et qu’il ne devait pas, s’étant engagé délibérément dans cette voie, attendre tout du hasard. Il n’ignorait point les erreurs des enquêtes de police, mais n’allait pas jusqu’à les croire si certaines qu’il n’eût qu’à les attendre patiemment. Son départ du Monde pouvait servir de base à un vague soupçon : il importait de préciser sa culpabilité apparente.

Il lut, tout en marchant, plusieurs journaux. Tous étaient remplis de détails futiles ou faux sur le crime. Déjà, quelques-uns annonçaient que la police tenait une piste sérieuse. Cela le fit