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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/146

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L’ÉPOUVANTE

la fois de toilette et de table à écrire, et de sa grosse malle de bois.

Il ne lui déplaisait pas de se retrouver pour quelques jours dans ce coin de la capitale où, débutant, marchant à la conquête de Paris, il avait vécu des jours d’illusion et d’enthousiasme.

Sans compter qu’au quartier, ou dans les environs, il serait à la fois assez près du Centre pour connaître tous les bruits, et assez loin, pour que l’idée ne vint à personne de l’y chercher.

Le boulevard Saint-Michel rempli de lumière et de gaieté l’amusa. Il entra dans un café près du Luxembourg, et mangea un sandwich, pour tromper sa faim. Ensuite, il parcourut les journaux du soir.

Le Temps, le grave Temps lui-même, consacrait près de deux cents lignes en sa dernière heure de quatrième page, au crime du boulevard Lannes. À bien réfléchir, ce meurtre n’avait rien que de banal. Chaque jour, à Paris, on en découvrait de semblables, et, sauf l’été, où les journaux à court de nouvelles se rattrapent sur ce qu’ils peuvent, on leur consacrait quelques lignes, en