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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/118

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L’ÉPOUVANTE

— Si, murmura Coche, se répondant à lui-même. J’ai vu, un jour, un homme assassiné, mais assassiné depuis une heure, une demi-heure à peine. À peine refroidi, il gardait comme un souvenir de la vie dans les yeux. Il était étendu ainsi, dans une mare de sang ; la blessure qu’il portait était presque identique… et cependant, il avait je ne sais quoi de plus sinistre que celui-ci… Celui-ci, je le regarde sans peur, comme je regarderais un visage de cire… C’est un mort, simplement… Cette chambre est pareille à vingt autres chambres… tandis qu’en contemplant l’autre… celui que j’ai vu… autrefois… j’eus la sensation qu’il lui restait de l’épouvante autour de la figure, entre les lèvres, devant les yeux ; la maison… une maison paisible et gaie comme celle-ci, suait le meurtre, sentait le sang, le sang vivant, chaud et fumant, pareil à celui qui coule entre les dalles des abattoirs… Demain, dans huit jours, j’aurai oublié celui qui est devant moi… L’autre… je garde son image et je sens que je la garderai toujours…

Il avait parlé d’une voix sèche, appuyant les phrases, crispant les doigts, à la fois tenaillé