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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/102

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L’ÉPOUVANTE

Le représentant d’un journal du soir, un méridional ardent et parlant fort, s’irritait de ne rien savoir de précis. Il lui fallait absolument un papier pour midi, et il était près de dix heures ! Coche, dont le journal avait, le premier et le seul, annoncé la nouvelle, était assailli de questions. Mais sa loquacité habituelle avait fait place à une réserve obstinée.

Il n’était au courant de rien. Il attendait, comme les autres. S’il avait eu la moindre indication, il se serait fait un plaisir de la passer aux confrères. Ne fait-on pas ainsi journellement, entre reporters, et n’est-ce pas le meilleur moyen de donner des renseignements nombreux et sûrs ? Chacun glane ce qu’il peut. Bien qu’« Envoyé spécial » d’une feuille, on se partage la besogne, et la dépêche qu’on expédie n’est que le résumé, plus ou moins adroit de ce que chacun sait. Tout le monde y gagne, en somme, car on ne peut exiger d’un homme qu’il se trouve en dix endroits à la fois. Pour faire l’information tout seul, il faudrait disposer de sommes parfois considérables, de moyens de transport coûteux ou impossibles à se procurer.