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Page:Level - L’Épouvante, 1908.djvu/100

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L’ÉPOUVANTE

la chambre, on aurait entendu un bruit de voix. Non. Là-haut, dans l’obscurité des pièces aux rideaux tirés, on avançait à tâtons. La fenêtre du couloir donnant sur le boulevard était protégée par un store épais ; il l’avait tiré lui-même afin de n’être pas dérangé cette nuit.

Par-dessus tout cela, il retrouvait en lui l’odeur fade de cette chambre inondée de sang, le relent aigre des verres à demi remplis de vin rouge, il revoyait le grand trou noir de la glace crevée, et le corps effroyable aux yeux immenses, étendu en travers du lit.

Jamais il n’avait connu de minutes aussi violentes, jamais il n’avait pensé aussi vite.

Il regardait les quatre fenêtres, et se demandait :

— Laquelle est celle de la chambre à coucher ? Laquelle s’ouvrira la première ?

Tout à coup, un remous se fit dans la foule assez considérable maintenant, suivi d’un grand silence au milieu duquel on entendit des volets claquer sur le mur. Entre les deux montants de la fenêtre ouverte, une tête apparut, puis disparut derrière les vitres refermées.