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BIBLIOTHÈQUE DE LA PAIX

de cet impôt est curieuse. Créé par Pitt pour les besoins de la guerre contre Napoléon, aboli en 1816, rétabli en 1842, pour trois ans, prolongé pour le même temps en 1845 et en 1848, pour un an seulement en 1851 et en 1852, il le fut pour sept ans en 1853. La loi de 1853 qui en autorisait la prolongation, l’étendait à l’Irlande qui en avait toujours été exemptée. Par la même loi, l’exemption dont jouissaient les fortunes au-dessous de 150 livres fut réservée aux fortunes au-dessous de 100 livres ; seulement les revenus de 100 à 150 livres ne devaient payer que 5 pence au lieu de 7 par livre sterling. La guerre d’Orient amena depuis le 5 avril 1854 le doublement de ces taux : l’année suivante on ajouta encore un demi-penny pour les fortunes de 100 à 150 livres, et 2 pence pour les autres, si bien que l’impôt se trouva être de 1 sh. 4 pence et de 11 p. 1/2. Ces augmentations cessèrent en 1857, et l’on revint au taux primitif de 5 et de 7 pence. Bien que ces augmentations d’impôt eussent porté les recettes de 50 millions sterling, moyenne des dix années, de 1843 à 1853, aux chiffres énormes de 63 millions en 1855, 68 millions en 1856, et 66 millions en 1857, bien que l’année 1853 eût laissé un excédant notable, il fallut avoir recours à un emprunt et augmenter cette dette que l’on avait fait tant d’efforts pour réduire, Des impôts écrasants, la dette consolidée accrue, la dette flottante excessive, voilà ce que valut à l’Angleterre cette guerre de Crimée qui exigea pour