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scientifique ; malheureusement les documents sur les autres guerres n’ont ni cette portée ni cette autorité.

Quant aux finances, nous avons éprouvé aussi des embarras réels. Il est un moyen de calculer les pertes financières qui est fort en usage parmi nos publicistes et qui trouve bon accueil dans le public, c’est d’additionner les différents emprunts contractés en vue de la guerre et de prendre la somme de ces différents emprunts pour le solde des frais de guerre. Rien n’est plus simple, mais rien n’est moins exact. Tantôt, en effet, les sommes, empruntées en vue de la guerre ne sont dépensées qu’en partie pour la guerre. C’est ainsi que l’emprunt contracté en 1859 par la France, ne fut pas absorbé tout entier par la guerre d’Italie, et que la partie notable qu’avait épargnée la guerre, fut attribuée, par une loi spéciale, à des travaux d’utilité publique. D’autre part, il arrive souvent que la somme des emprunts est très-loin d’équivaloir à la somme des frais de guerre. Il faut tenir compte de la hausse des impôts anciens ou de l’établissement d’impôts nouveaux, de l’usage des ressources extraordinaires et des sommes importantes que l’on peut s’être procurées par la réduction des dépenses civiles et par les virements. C’est ainsi que les dépenses de l’Angleterre, pour la guerre de Crimée, sont quatre fois supérieures aux emprunts qu’elle a contractés pendant la lutte. Le seul moyen rationnel pour arriver à un