Page:Leroy-Beaulieu, Essai sur la répartition des richesses, 1881.djvu/6

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


exclusif du fort, à l’accaparement des fortunes par la haute finance, la haute industrie, le haut commerce.

Tous ces griefs nous préoccupaient. Ils nous ont porté depuis plusieurs années à étudier, scientifiquement et expérimentalement, les lois qui président à la répartition des richesses dans la société moderne et l’effet naturel de ces lois.

Nous soumettons au lecteur le résultat de nos observations.

Ce livre est à la fois un livre de doctrine et, dans une certaine mesure, un livre de circonstance.

Au point de vue théorique, nous sommes arrivé à la conclusion que presque toutes les doctrines acceptées en économie politique sur la distribution des richesses sont à refaire, ou du moins à rectifier.

La célèbre loi de Ricardo sur la rente de la terre n’a aucune application au temps présent, et avec cette loi tombe le corollaire qu’en avait tiré Proudhon : « la propriété, c’est le vol. »

La loi plus célèbre encore de Malthus sur la population ne trouve guère plus d’application dans un monde à moitié inhabité, où la circulation des personnes et des produits devient de plus en plus facile, de moins en moins coûteuse, et où la production des subsistances s’accroît au point que le prix des denrées principales a beaucoup plus de tendance à s’avilir qu’à s’élever.

L’image classique de Turgot sur le taux de l’intérêt est ou erronée ou incomplète.

Les réflexions d’Adam Smith, de Turgot, de Ricardo, de Stuart Mill sur le salaire naturel, sur le fonds des sa-