Page:Leroy-Beaulieu, Essai sur la répartition des richesses, 1881.djvu/554

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


CHAPITRE XX

CONCLUSION.


Résumé des causes qui doivent amener une moindre inégalité des conditions. — La question sociale, en tant qu’elle est résoluble, se résout d’elle-même graduellement et pacifiquement.

L’intervention de l’État est-elle utile ? — Le rôle de l’État est plutôt de supprimer les obstacles légaux qui s’opposent à une moindre inégalité des richesses que de créer des institutions positives pour rendre les revenus moins inégaux. — La liberté de tester. — Du rôle de l’État dans l’enseignement. De l’instruction intégrale et des écoles professionnelles. — Des dangers que peut offrir un développement excessif et trop soudain de ces écoles.

De l’assurance obligatoire. — Des invalides civils. — Du capital ou pécule à fournir par la commune aux jeunes gens arrivant à l’âge adulte. — Défauts de tous ces projets.

Du compagnonnage et des corporations obligatoires. — L’impôt progressif. — Les dangers du socialisme d’État. — Affaiblissement de l’initiative individuelle. — Les compagnies privilégiées.

Des réformes fiscales nécessaires. — Diminution des droits de mutation et de succession, des taxes sur les transports. — Des conversions de dettes publiques. — Abaissement des droits protecteurs. — Des sociétés anonymes et de la répression des abus financiers.

Une plus grande égalité des conditions sortira toute seule du libre jeu des lois économiques. — Cette plus grande égalité des conditions est un bien, mais non pas un bien sans mélange. — Les grandes fortunes sont souvent un instrument de progrès et rendent plus prompte la propagation du progrès. — Opinion de l’économiste allemand Soëtber. — Opinion de l’industriel anglais M. Brassey. — Les sociétés anonymes sont toujours plus mal gérées que les entreprises individuelles. — Opinion d’Herbert Spencer sur ce qu’il est utile que les hommes supérieurs retirent tous les avantages possibles de leur supériorité.

Avantage d’une moindre inégalité des conditions. — La société sera plus assise. — Il y aura moins d’américanisme, moins de recherche exagérée de la fortune. — Consolation offerte aux riches relativement à la déchéance probable de leurs descendants.

Ou nous nous trompons fort, ou les faits exposés dans le cours de cet ouvrage sont démonstratifs et péremptoires. Les sociétés civilisées, surtout les vieilles sociétés européennes, s’avancent vers un état où les richesses seront beaucoup moins inégalement