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CHAPITRE XIX

DE LA RÉPARTITION ACTUELLE DES RICHESSES ET DES REVENUS DANS LES SOCIÉTÉS MODERNES.


Sauf des cas exceptionnels et très rares la tendance une moindre inégalité des richesses est très marquée dans tes sociétés-modernes. — Préventions dans le sens contraire répandues dans le public.

L’examen de tous les documents statistiques, en même temps que l’observation directe des faits particuliers, démontrent la vérité de notre thèse. — Examen des documents qui peuvent renseigner sur la répartition des richesses.

Distribution des revenus en Prusse d’après les statistiques deux impôts l’Einkommensteuer et la Classensteuer. — Répartition des revenus dans le royaume de Prusse en 1853, en 1864, en 1878. — Classification des revenus prussiens en six catégories : les très petits revenus, les petits, les modiques, les moyens, les grands et les très grands revenus. — Les deux premières catégories représentent plus des deux tiers du total des revenus des habitants de la Prusse. — La troisième catégorie forme moins de 16 p. 100 de l’ensemble ; la quatrième, moins de 7 et demi p. 100 ; la cinquième, moins de 3.60 p. 100 ; la sixième, 1.26 p. 100. — Énumération des très gros revenus prussiens.

Mouvement de la répartition des richesses en Prusse, dans la période de 1853 à 1878. Quoique cette période ait été très favorable à l’agiotage, les changements ne témoignent pas d’une tendance à la concentration des richesses ; au contraire. — Les petits, les modiques et les moyens revenus sont ceux auxquels la civilisation profite le plus. — L’élévation de ces catégories de devenus est continue, ininterrompue, et se poursuit en dépit de toutes les prises sociales, industrielles, agricoles, financières. — Ces crises influent, au contraire, considérablement sur les gros revenus.

La statistique des revenus en Saxe, comme les faits démontrés par la statistique des revenus en Prusse.

De la répartition des fortunes dans le Royaume-Uni. — Impossibilité d’arriver pour ce pays à des résultats même approximativement exacts. — La distribution de la propriété foncière. — Le nombre des propriétaires parcellaires est considérable. — Les très grosses fortunes territoriales.

Les revenus commerciaux et professionnels dans le Royaume-Uni. — Relevé et décomposition de ces revenus d’après la statistique, de l’Income tax. — Les très gros revenus commerciaux ou professionnels sont beaucoup plus rares dans ce pays qu’on, ne le pense généralement. — Les traitements des fonctionnaires et des employés dans la Grande-Bretagne. — Toutes ces statistiques montrent que même dans la Grande-Bretagne les énormes revenus, autres que les revenus fonciers, sont plus rares qu’on ne le pense. — Démonstration de cette assertion par le produit de l’impôt sur les domestiques mâles. — Le nombre considérable des déposants aux Caisses d’épargne en Angleterre. — Les assurances sur la vie. — Cause du petit nombre de détenteurs de titres de consolidés.

De la répartition des richesses en France. — La distribution de la propriété foncière. — Il n’y a pas en France 60, 000 personnes ayant un revenu net foncier de 6 ou 7,000 francs ou davantage.

De l’évaluation des revenus parisiens d’après les statistiques de l’impôt sur les loyers. — Petit nombre des grandes et énormes fortunes à Paris. — Classification des revenus parisiens. — Les statistiques de l’impôt sur les chevaux et les voitures confirment les indications de l’impôt mobilier. — Il en est de même des statistiques des Pompes funèbres. — Hypothèses sur la répartition des fortunes dans le reste de la France.

Conclusions que l’on peut tirer des relevés de l’impôt sur le revenu aux États-Unis en 1865 et en 1866, et des impôts sur le revenu et sur le capital dans quelques cantons suisses.

Résumé de toutes ces recherches. — En tout pays les grandes fortunes sont plus rares que ne se le figure l’imagination du vulgaire. — Il sera beaucoup plus difficile dans le prochain demi-siècle d’accumuler de rapides fortunes qu’il ne l’a été dans le demi-siècle écoulé.