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l’État qui ont été inventoriées à une date récente. Les citoyens n’ont pas la jouissance indivise de tous ces biens, mais ils l’ont d’une partie. La ville de Paris a fait publier en 1879, un inventaire de son domaine municipal. Il s’élève aussi à des chiffres énormes, dépassant un milliard de francs pour monuments civils et religieux, écoles, marchés, promenades, etc. Que l’on juge du domaine public des autres 40,000 communes de France !

Le domaine public monumental qui est le plus susceptible d’évaluation est, toutefois, peu de chose auprès du domaine public de la viabilité ou de la navigation intérieure. Donnons quelques chiffres sur le domaine public de la viabilité. En 1875, — depuis lors on a fait de grands progrès — il y avait en France 37,300 kilomètres de routes nationales, 47,500 de routes départementales, 84,116 kilomètres de chemins de grande communication, 79,184 de chemins d’intérêt commun et 381,564 kilomètres de chemins vicinaux ordinaires. Une partie, il est vrai, le quart environ des chemins de ces trois dernières catégories, étaient seulement en construction ou à l’état de lacune, c’est-à-dire qu’ils n’existaient guère. On estime à 4,000 francs le coût moyen d’établissement du kilomètre de chemin vicinal ordinaire, à 6,000 celui du chemin d’intérêt commun, à 12,000 celui du chemin de grande communication. On reste au-dessous de la vérité en évaluant à 15,000 francs les frais d’établissement de chaque kilomètre de route départementale, et à 20,000 celui de chaque kilomètre de route nationale, ces frais variant, d’ailleurs, considérablement suivant la nature du sol, les accidents de terrain et le prix de la main-d’œuvre. On arrive, d’après ces moyennes, à une valeur de 4 milliards et demi à 5 milliards. Qu’on y joigne les ports, les canaux, les autres parties du domaine public ; qu’on y ajoute les hospices, les hôpitaux, les asiles, etc., on atteindra à peine la vérité en disant que le domaine de l’État, des départements et des communes en France, doit représenter une dépense, au cours du jour, de 15 à 20 milliards de francs. Quand les chemins de fer auront fait retour à l’État, dans soixante-dix ans, quand dans vingt, trente ou quarante ans, toutes les concessions municipales d’éclairage ou