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signait rapidement de ses doigts tremblants ; puis silencieux, agité par une vision, il se mit à précipiter son pas et continua sa ronde habituelle !…


XIII.


Couchée dans son cercueil, elle ressemble à une gracieuse péri qui vient de s’endormir. Son visage pâle et sombre est plus pur que le linceul qui l’enveloppe. Ses paupières se sont abaissées pour toujours. Mais ô ciel ! Ne dirait-on pas que sous elles ce merveilleux regard sommeille seulement et semble attendre un baiser ou le retour du jour ! Non ; inutilement les rayons lumineux se glissent entre elles comme un fil d’or ; en vain sa famille, pleine d’une muette douleur, vient couvrir sa bouche de baisers ; non ! la mort a mis sur elle son empreinte éternelle et rien n’est assez puissant pour l’arracher de ses bras. Et toute cette nature dans laquelle naguère la vie ardente et pleine d’énergie parlait si distinctement aux sens, n’est plus maintenant qu’une vaine poussière. Un sourire étrange à peine éclos sur ses lèvres s’y était arrêté ; l’expression douloureuse de ce sourire était sombre comme la tombe elle-même. Que signifiait-il ? se raillait-il de la destinée, ou