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quetterie, ses caprices, sa mine espiègle, son sourire moqueur, son regard distrait ?

Viéra a remarqué tout cela ; sur son visage, altéré par la maladie, se peignait une profonde tristesse. Elle était assise auprès de la fenêtre dans un grand fauteuil et m’a fait réellement de la peine.

J’ai raconté toute la dramatique histoire de notre rencontre, de nos amours, en déguisant le tout, bien entendu, sous des noms inventés.

J’ai peint vivement ma tendresse, mes inquiétudes, mes transports, et j’ai présenté sous un jour si avantageux sa démarche, son caractère, qu’elle a dû me pardonner ma coquetterie avec la princesse.

Elle s’est levée et est venue s’asseoir près de nous ; elle semblait revivre… Et nous ne nous sommes souvenus qu’à deux heures du matin que le docteur nous avait ordonné de nous coucher à onze heures.