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tez-moi d’avoir l’audace plus grande de vous en demander pardon. Mais, vraiment, je désirerais bien vous prouver que vous vous êtes trompée sur mon compte.

— Cela vous sera assez difficile.

— Pourquoi donc ?

— Parce que vous ne venez pas chez nous et ce bal probablement ne se répétera pas souvent. »

Ce qui signifie, ai-je pensé, que leur porte est toujours fermée pour moi.

— Vous savez, princesse, lui ai-je dit avec un peu de dépit, il ne faut jamais fermer l’oreille aux repentirs d’un coupable ; avec le désespoir, il peut le devenir deux fois plus, et alors… »

Les rires et les chuchotements de ceux qui nous entouraient m’ont forcé à me retourner et à interrompre ma phrase. À quelques pas de moi, se trouvait un groupe d’hommes, et dans ce groupe le capitaine de dragons, qui m’avait paru méditer des projets hostiles contre cette chère princesse. Il semblait particulièrement très satisfait de quelque chose, riait, se frottait les mains et échangeait des œillades avec ses compagnons. Soudain, du milieu d’eux s’est détaché un mon-