Page:Lermontov - Un héros de notre temps, Stock, 1904.djvu/166

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Aussi ne peut-il y avoir échange de sentiments et de pensées entre nous. Nous savons l’un et l’autre tout ce que nous voulons savoir et ne voulons pas en savoir davantage. Il nous reste un expédient, c’est de nous raconter les nouvelles. Dites-moi quelque chose de nouveau ?

Fatigué par cette longue tirade, je fermai les yeux et me mis à bâiller.

Il me répondit après avoir réfléchi :

— Dans votre galimatias, il y a cependant une idée.

— Deux ! dites m’en une, je vous dirai l’autre.

— Bien.

— Commencez, lui dis-je, en continuant à regarder le plafond et souriant intérieurement.

— Vous avez envie d’avoir des renseignements sur le compte de quelqu’un venu aux eaux, et moi je présume que vous ne vous préoccupez de cela, que parce qu’on s’est déjà renseigné sur vous.

— Docteur, il nous est décidément impossible de converser ensemble, car nous lisons dans l’âme l’un de l’autre.

— Maintenant quelle est la secondé idée ?