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— Ah ! c’est vrai ! répondit-il vivement ; on me l’a dit hier ; mais où est-il ?

Je me retournai du côté de la place et j’aperçus Maxime courant tant qu’il pouvait. En quelques secondes il fut près de nous. Il pouvait à peine respirer, la sueur coulait à gouttes sur son visage ; les mèches humides de ses cheveux gris s’échappaient de dessous son chapeau et se collaient à son cou ; ses membres tremblaient…

Il voulut se jeter au cou de Petchorin, mais celui-ci, assez froidement, et cependant avec un bienveillant sourire, lui tendit la main. Le capitaine resta un moment stupéfait, et puis prit avidement cette main dans les siennes ; il ne pouvait encore parler.

— Comme je suis content de vous voir, mon cher Maxime ! mais comment vous portez-vous ? dit Petchorin.

— Mais toi ! Mais vous ! murmura le vieillard, avec des larmes dans les yeux, que d’années ! que de jours ! mais, où allez-vous ?

— Je vais en Perse et plus loin.

— Est-il possible ! maintenant ? Mais attendez un peu, mon ami ! vous ne pouvez pas nous