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cette modeste promesse, mais affirma cependant à Maxime qu’il ferait la commission.

Certainement il va venir tout de suite, me dit Maxime avec un air triomphant : j’irai l’attendre jusqu’aux portes et je regrette de ne pas connaître N…

Il s’assit sur un banc près de la porte cochère et moi je rentrai dans la chambre ; j’avoue que j’attendais aussi avec une certaine impatience l’arrivée de ce Petchorin. Quoique d’après le récit du capitaine, je me fusse composé un portrait de lui pas trop avantageux, quelques détails de son caractère m’engageaient cependant à l’observer. Une heure après, un invalide m’apporta un samovar plein d’eau chaude et une théière.

— Maxime ! Voulez-vous du thé ? lui criai-je par la fenêtre.

— Merci ! je n’ai pas envie d’en prendre.

— Allons ! prenez-en, vous voyez qu’il est déjà tard et qu’il fait froid.

— Ce n’est rien ! je vous remercie.

— Eh bien ! comme il vous plaira ; je vais prendre le thé tout seul.