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sir, je pris les vêtements d’un âge plus avancé, je ne fréquentai plus que ma famille et quelques pauvres gens, et insensiblement on m’a traitée comme je désire l’être. Voilà toute mon histoire, Albert. Je crains maintenant que vous ne me trouviez trop orgueilleuse et trop bizarre. Dites-moi franchement votre pensée.

— Je vous aime et vous estime plus que jamais, dit Albert. Il me serait impossible de vous dire autre chose. J’ai la tête bouleversée depuis ce matin.

— Depuis ce matin ! répéta-t-elle. Moi, j’ai le cœur bouleversé depuis hier.

Après une pause, elle ajouta :

— J’ai écrit à Genève.

— À Genève ! s’écria-t-il. Vous avez écrit à Genève sans mon aveu !

— Mais vous y avez consenti, Albert.

— Jamais ! Non… pas entièrement. Pouvais-je croire que vous vous hâteriez ainsi ? Je ne vous comprends pas, Marie.