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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/76

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ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.


Dans Le sein de cette chaumière
Et sous ces feuillages épais,
La Vie entre avec la Lumière,
Avec l’Ombre descend la Paix.

Ô destin que tout bas j’envie !
Doucement, au fond de ce nid,
Reposent, au soir de la vie,
Deux cœurs qu’un tendre amour unit.

L’homme et la femme ont le même âge,
Pas chancelants et blancs cheveux,
Mais ce serait vraiment dommage
Qu’ils ne fussent pas aussi vieux.

Ils portent le poids et le nombre
Des jours passés avec fierté :
Pas un de ces jours n’a mis d’ombre
Au ciel de leur fidélité.

Qu’importe la date lointaine ?
Les serments ne vieillissent pas.
Les vieux ont fait leur cinquantaine
Et, fidèles jusqu’au trépas,

Devant les petits de leur race,
En défiant le démenti,
Ont regardé l’autel en face
Comme gens qui n’ont point menti.

Puis, revenus dans leur demeure,
Sous la côte, à l’abri du vent,
Ils attendent la dernière heure
En face du soleil levant ;