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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/451

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ADOLPHE RIBAUX.

Est-il un sûr abri pour l’âme inassouvie,
Un printemps si charmeur qu’il suffise à la vie,
Un cœur qui, triste et seul, n’appelle un autre cœur ?

Nuits d’été, Nuits d’amour, belles Nuits embaumées,
Je connais quelque part des lèvres trop aimées,
Dont le chaste baiser m’a grisé sans retour.
L’Idéal n’est réel qu’en deux âmes unies,
C’est à deux seulement que vous êtes bénies,
Nuits pleines de parfums, Nuits d’été, Nuits d’amour !


(Rosaire d’Amour)





LE JARDIN




Dans les beaux vases grecs de jade et de porphyre,
Les fleurs de pourpre et d’or s’ouvrent sous le zéphire
Le ciel clair par milliers allume ses flambeaux ;
C’est une de ces nuits de joie et de mystère,
Où les morts de vingt ans s’éveillent sous la terre,
Et, pour aimer encor, sortent de leurs tombeaux.

Dans les vasques, roulant des perles par centaines,
Les jets d’eau parfumés et les fraîches fontaines
Étincellent, miroir des astres éclatants.
Et, sans troubler d’un bruit l’adorable silence,
Superbes de lenteur, fiers de leur nonchalance,
Des cygnes somptueux voguent sur les étangs.

Les palmes, lentement de la brise battues,
Caressent la pâleur vivante des statues
Qu’un doux rayon de lune éclaire avec amour ;