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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/425

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HENRI WARNERY.


Je n’ai pas su la reconnaître
Pour mon amie et pour ma sœur.
Quand il frappait à ma fenêtre,
Je n’ai pas ouvert au bonheur.

Mais, sitôt que je l'eus quittée,
Quelque chose en moi s’est brisé ;
J’ai compris les pleurs de l’athée
En face du ciel méprisé.

Trois mois, avant de te redire
Que ma vie et mon Dieu c’est toi,
Et qu’il n’est de bonheur pour moi
Qui sans toi ne soit un martyre !

Car ton souvenir me poursuit,
Le désir de toi me dévore...
Et l'on ose prétendre encore
          Que le temps fuit !





VOULOIR ÊTRE HEUREUX




Vouloir être heureux, bien fou qui veut l’être !
Jamais le bonheur ne tient dans nos mains.
J’ignore pourquoi, Dieu le sait peut-être,
Nous le poursuivons par tous les chemins.

Nous nous enivrons d’amour et de gloire ;
La gloire et l’amour sont des vins de feu :
Plus on en a bu, plus il faut en boire !
Ce n’est jamais trop ; c’est toujours trop peu.