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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/422

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ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.

Quand l’enfant soudain eut levé la tête
Et séché les pleurs de son œil rougi,
Un grand arbre avait du sable surgi,
Couvert de fruits mûrs de la base au faîte,


(À Temps perdu)





LE DERNIER CHAR DE LA MOISSON





Lorsque, d’un geste large ensemençant la terre,
Le paysan répand la graine dans son champ,
D’instinct il a l’air grave et la figure austère :
               Car il songe tout en marchant.

Il songe que c’est lui qui doit nourrir le monde.
Le grain semé rendra le centuple demain,
Et le blé qu’il confie à la terre féconde,
               Une fois mur, sera du pain.

Dans le sein remué de l’antique Cybèle
Quand germe le froment, grâce à tes soins pieux,
Va! paysan, ta tâche est si haute et si belle
               Que tu peux en être orgueilleux...

Le soleil fait son œuvre, et les moissons superbes
Ondulent sur la plaine ! Allons, nos ouvriers !
Qu’on aiguise les faux, qu’on attache les gerbes
               Sur le char aux lourds madriers.

L’ouvrage a commencé dès que l’aube est venue.
Le soleil au zénith darde ses rayons d’or,
N’importe! Sans repos le travail continue ;
               Quand vient le soir, il dure encor.