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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/417

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PHILIPPE GODET.


Et s’il me fallait dire un jour
Laquelle des deux je préfère,
Mon cœur vous répondrait : Mystère...
Mystère étrange de l’amour !

D’un sourire joyeux la blonde
M’a cent et cent fois enchanté ;
D’une pétillante clarté
          Son œil m’inonde ;

La brune, d’un regard voilé,
          Profond et tendre,
M’accueille, et mon cœur est troublé
De lui parler et de l’entendre.

L’une, la blonde, est la Gaîté ;
Pas d’instant qu’elle ne sourie...
L’autre, plus chaste en sa beauté,
          La Rêverie...

Et s’il me fallait dire un jour
Laquelle des deux je préfère,
Mon cœur vous répondrait : Mystère...
Mystère étrange de l’amour !


(Le Cœur et les yeux)





SUR LE MASSACRE D’UN VERGER




Ô Ronsard, prête-moi ta lyre et ta colère !

C’était en pleine ville un verger séculaire,
Un coin vert et rustique oublié par le temps
Et que rajeunissait chaque nouveau printemps.