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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/415

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EUGÈNE RAMBERT.


En cercle autour de lui les voyez-vous rangées ?
Chaque tour de granit brille comme un fanal.
L’une a sur ses flancs nus des lueurs orangées ;
L’autre sent flamboyer son manteau virginal.

« C’est lui, c’est le soleil ! » se disent les montagnes.
« Heureuse parmi nous celle qu’il choisira,
Et qui, voyant pâlir le front de ses compagnes,
Sous son dernier rayon, seule, resplendira ! »

La voilà, la voilà, la cime qu’il couronne !
Sous le dernier rayon brille un dernier sommet,
Et tout au fond des eaux que la nuit environne :
« C’est lui, c’est le soleil ! » dit un dernier reflet.