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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/413

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EUGÈNE RAMBERT.


LE MERLE D’EAU




Est-il chanson, folle ballade,
 Joyeux rondeau,
Qui soit plus gai que la roulade
          Du merle d’eau ?

Quand ils sont deux — Monsieur, Madame —
          L’un écoutant,
— Pour écouter, Dieu fit la femme —
          L’autre chantant,

La note perle plus vibrante,
          Et le refrain
En sa roulade délirante
          N’a plus de fin.

Ils étaient là, ce matin même,
          Au bord de l’eau ;
Je les guettais caché, troisième,
          Sous un bouleau.

« Ah ! disait-il à sa merlette,
          Qui, gentiment,
À ses côtés faisait toilette
          Très longuement...

« Pourquoi perdre à lustrer ton aile
          Ce gai moment,
L’heure où fleurit la soldanelle,
          Timidement ?