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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/403

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JUSTE OLIVIER.

 
Dans le tombeau le Passé dort encore,
Et l’Avenir, en ses abîmes sourds,
N’est du Néant qu’une incertaine aurore ;
Le Présent seul existe, il vit toujours :
Contre lui-même ainsi plaide et proteste
Ce Temps qui meurt en immortalité.
Le Temps s’en va, mais l’Eternité reste,
        L’Éternité ! l’Éternité !

Verbe infini qui façonnas les mondes,
Oui dans le vide assemblas l’univers,
Et qui jetas à l’écume des ondes,
Comme des fleurs, les îles sur les mers !
Toujours la vie en toi se manifeste :
Le ciel fût-il par ton souffle emporté,
Le Temps s’en va, mais l’Eternité reste,
        L’Éternité ! l’Éternité !


(Chansons Lointaines)





HELVÉTIE !




Il est, amis, une terre sacrée
Où tous ses fils veulent au moins mourir !
Du haut des monts dont elle est entourée
Lequel de nous la vit sans s’attendrir ?
Cimes qu’argenté une neige durcie,
Rocs dans les airs dressés comme des tours,
Vallons fleuris, Helvétie ! Helvétie !
C’est toi, c’est toi que nous aimons toujours !