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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/396

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ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.

Il s’imagine que c’est une
Tache de plâtre, et sans espoir
Jusqu’au matin, sur le trottoir,
Frotte, le cœur gros de rancune,
Un très pâle rayon de Lune !


(Pierrot Lunaire)





POUSSIÈRE ROSE




Une fine poussière rose
Danse à l’horizon du matin ;
Un très doux orchestre lointain
Susurre un air de Cimarose.

Phœbé, comme une blanche rose,
Se meurt dans le ciel incertain ;
Une fine poussière rose
Danse à l’horizon du matin.

Devant un Cassandre morose,
Fuit un falbala de satin
Qui traverse — en frôlant le thym
Qu’une fraîche rosée arrose —
Une fine poussière rose.


(Pierrot Lunaire)





À UNE FEMME DE QUARANTE ANS




Dans tes grands yeux, emplis de chaude obscurité
Où luisent vaguement les secrets de la vie,
J’ai puisé pour toujours la chimérique envie
D’un suprême plaisir que je n’ai point goûté.