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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/309

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ÉMILE PEYREFORT.


Et consolé, voyant que l’occident rougeoie,
Il se lève, et, joyeux, contemple au bord du champ
Les moissonneurs lointains qui, dans l’or du couchant,
Semblent danser autour d’un vaste feu de joie.





L’INCENDIE DU CIEL




Le soleil qui s’effondre à l’horizon obscur
D’un crépitement bref vient d’embraser l’azur :
Et l’ouragan, fouettant les flammes dans l’espace,
Comme une chevauchée épouvantable, passe.
Tout flambe, et des vallons, des fleuves et des bois,
S’élève une clameur de foules aux abois ;
Puis le rêve se perd en des flots de fumée.
La tenture du ciel, entière, est consumée,
Et semble un velours noir où vibreraient encor
La suprême lueur des étincelles d’or.





LA MÈRE CONSOLATRICE




C’est quand râlent nos cœurs sous un poids étouffant,
Que nous venons à toi, Nature, toi, la mère !
À ton aspect se fond notre douleur d’enfant ;
La vie auprès de toi nous semble moins amère.

La brise dans les bois aux effluves berceurs
Épand comme un bon vin sa caresse endormante,
Et les champs fraternels ont d’austères douceurs
Pour tout infortuné qui souffre et se lamente.