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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/306

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ÉMILE PEYREFORT


1862




Émile Peyrefort est né à Nantes en 1862. Ça été une bien précoce vocation que la sienne. À peine fut-il en état de tenir la plume, qu’il était déjà poète

M. Peyrefort est, avant tout, soucieux de la forme, cherchant les belles rimes, fuyant toute expression usée. Mais son horreur du banal ne va pas jusqu’à lui faire adopter les mots bizarres, les locutions obscures. Il offre précisément dans ses vers un bel exemple aux jeunes lettres, lesquels peuvent parfaitement, comme lui, allier la haine du convenu avec le respect de la langue française et de la clarté. M. Peyrefort se rattache à M. Leconte de Lisle par M. José-Maria de Heredia. Il a toutefois moins de somptuosité que ce dernier, mais plus d’âpreté peut-être et parfois une teinte de mélancolie.

Un volume de poésies de M. Peyrefort, La Vision, a été publié, en 1887, chez M. Lemerre.

a. l.





LA DOULEUR DES CHOSES




Le tas des ronces se hérisse
En ce soir morne et douloureux.
S’entr’ouvrant là-bas, de grands creux
Ont un aspect de cicatrice.