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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/295

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HENRI BEAUCLAIR.


Mes yeux sont encore mouillés
Et je crois que j’ai de la peine.
Hier, nous nous sommes brouillés.
Est-ce un malheur ? Est-ce une aubaine ?

Je ne le dis qu’en rougissant,
Cela devenait monotone.
L’amour allait s’affaiblissant.
Je ne le dis qu’en rougissant.
Après le chaud été l’on sent
Venir vite le tiède automne.
Je ne le dis qu’en rougissant,
Cela devenait monotone.

Billets bleus et feuillages verts
Jouaient un rôle dans l’Idylle.
Lise aimait — qui n’a ses travers ? —
Billets bleus et feuillages verts.
Les sentiers n’étaient plus couverts,
Et l’huissier m’allait être hostile.
Billets bleus et feuillages verts
Jouaient un rôle dans l’Idylle.

Adieu, Lisette, adieu, paniers.
Adieu, les vendanges sont faites.
Tu vidas mon cœur, mes greniers,
Adieu, Lisette, adieu, paniers.
J’aurai, jusqu’à mes jours derniers,
Souvenir de nos belles fêtes.
Adieu, Lisette, adieu, paniers,
Adieu, les vendanges sont faites.


(L’Éternelle Chanson)