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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/293

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HENRI BERNÈS.


Que chacun ait la sienne, et travaille à son heure,
Et respecte celui qui marche à son côté.
L’effort sera moins rude et la moisson meilleure :
Le génie et l’amour sont faits de liberté.

Fou qui blâme, et plus fou qui raille sans comprendre :
Pendant que nous cherchons un triomphe incertain,
Le monde au but sacré vole sans nous entendre,
Et nos vaines clameurs vont se taire demain.

Donc, libres ouvriers d’une tâche bénie,
Chacun selon sa force et chacun dans sa foi,
Luttons, car l’œuvre est une, et la même harmonie
Murmure au fond de vous l’hymne qui chante en moi

Car nous allons où va route la marche humaine,
Où vont tous les sentiers, obscurs ou glorieux ;
Sous nos instincts divers la même loi nous mène,
Comme les vols épars des astres dans les cieux.

Poursuivons vaillamment la tâche commencée :
La couronne est offerte à tous les combattants ;
Quelque reflet du Vrai luit sur toute pensée ;
Le concert de la Vie est fait de tous les chants.