Ouvrir le menu principal

Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/285

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
265
ÉMILE MICHELET.


Sur les vagues, au seuil de l’Orient pensif,
Toute une floraison de roses vient d’éclore.
La clémente beauté des choses remémore
À la vierge l’espoir vivace et primitif.

Elle rêve de beaux hymens mélancoliques
Avec des dieux, venus sur les flots pacifiques,
Des dieux dont la prunelle a d’étranges pouvoirs...

Elle attend votre essor, fêtes ultérieures,
Cependant que, parmi le firmament, les Heures
Vont comme un vol silencieux de cygnes noirs.





NOCTURNES


I


À TERRE




La nuit douce court sur les tamarins :
Fluide bain de lumière lactée,
Silence apaisant, murmures câlins,
Tout fait au cœur comme une mante ouatée.

Près d’ici, du creux d’un rocher falot
Monte un froufrou de diaphanes ailes ;
Dans la lune blanche et le bruit du flot
Un très léger gazouillis d’hirondelles.

La plainte qui vient du cap au lointain,
C’est un soupir de quelque jeune fée
Qui, triste d’amour pour Saint-Corentin,
Mouille de pleurs sa robe dégrafée ;