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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/269

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GERMAIN-LACOUR.


LES CLAIRIÈRES




Comme il n’est point de bois si noir et si profond
Où la splendeur des deux par endroits n’apparaisse,
Trouant de flèches d’or l’obscure forteresse
Que la branche rugueuse et la feuille lui font,

Il n’est point d’âme aussi, si triste jusqu’au fond,
Que ne visite un jour, en sa grande détresse,
Ou la calme pensée ou la puissante ivresse,
Avec l’oubli des maux où le cœur se morfond.

Or, bien que tout soit morne et sombre autour de l’être,
Que la moindre clarté malaisément pénètre
Entre le mal de vivre et la peur de mourir,

Mon âme sait pourtant de douces accalmies,
Et découvre, parmi tout ce qui fait souffrir,
Dans le Rêve et l’Amour ses clairières amies.


(Les Clairières)