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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/258

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ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.


Et leur cantilène qui pleure,
Faite de douloureux bémols,
Accompagne en gamme mineure
Le désespoir des rossignols.





L’ENNEMIE




Ce matin, vous m’avez ouvert un paradis
Plein d’un exquis désordre et d’adorables choses,
Magasin d’avatars et de métamorphoses,
Caverne de complots contre nos cœurs ourdis.

Là trainaient, à coté des fards, des bigoudis,
Les flacons embaumeurs comme des fleurs écloses,
Et tous ces riens charmants, blancs, bleus, dorés et roses,
Qui vous font plus splendide à nos yeux agrandis.

Donc, voilà l’arsenal d’où sortent nos défaites,
Où la femme, pour la bataille de nos fêtes,
Vient aiguiser son charme et fourbir son beau corps.

Ici la femme, c’est l’Ennemie. Elle est comme
L’Antiope aux bras nus, l’Amazone aux reins forts,
S’armant pour le carnage implacable de l’homme.





LIED




L’aurore au front chargé de rêve
Tremble au bord de l’horizon noir.
— Et la rose clarté s’élève
Comme un soudain espoir.