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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/236

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ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.


D’abord, chanta Daniel : Je garde des moutons,
Je les conduis, gaiment, par les bois et la plaine,
Et j’irai, Dieu le veuille, à beaucoup de pardons
Avant que mes cheveux soient blancs comme leur laine ;
               Aussi, je chante à perdre haleine !

                         lou, iou,
               La lande est belle et l’on est fou,
               La ronde tourne on ne sait où,
                              Iou !


Elo dit, le second : Je sais lire en latin ;
Je fais de beaux écrits sur des pages bien blanches,
Je suis un trop bon clerc pour rester sacristain ;
Quand je serai recteur, j’aurai de longues manches ;
               Et je prêcherai, les dimanches !

                         Iou, iou,
               La lande est belle et l’on est fou,
               La ronde tourne on ne sait où,
                              Iou !


Pol chanta, le troisième : À l’ombre des forêts
La hache, sans repos, taille la branche torse,
J’ai déjà les bras forts et souples les jarrets ;
Je sais des arbrisseaux à la légère écorce
               Qui vont grandir avec ma force !

                         Iou, iou,
               La lande est belle et l’on est fou,
               La ronde tourne on ne sait où,
                              Iou !