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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/199

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JEANNE LOISEAU.


Vous m’avez révélé ce mystère suprême ;
Vous m’avez dit : « Le monde et le ciel éclatant
Sont un gouffre effroyable et vide à moins qu’on n’aime,
               N’aimât-on qu’un instant ?

« De l’homme disparu chaque infime vestige
Dévoilerait vraiment trop d’atroce douleur,
Si l’amour n’entrouvrait sur sa cendre, ô prodige !
               Son immortelle fleur ! »

Partout il a germé, l’amour qui nous enivre ;
Vous l’avez vu partout où votre esprit plongea,
Et vous venez me dire : « Il faut aimer pour vivre. »
               Je le savais déjà.


(Un Mystérieux Amour)





LA LUTTE POUR L’EXISTENCE




La loi, l’unique loi, farouche, inexorable,
Qui régit tout progrès, c’est la loi du plus fort.
L’être imparfait périt ; marâtre impitoyable,
La nature l’écrase et poursuit son effort.

Partout est engagé le combat redoutable :
À l’heure harmonieuse où la terre s’endort,
Il rend la nuit sinistre et l’ombre épouvantable ;
Tout brin d’herbe est un champ de carnage et de mort

L’angoisse de la faim, qui toujours hurle et gronde,
Est le ressort puissant jouant au cœur du monde,
Et celui qui dévore est l’élu du destin.