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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/190

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ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.


Mon père, c’est à toi qu’est consacré ce livre ;
À ton saint souvenir je veux le dédier.
Comme tu me l’appris, je m’efforce de vivre
Et de mener à fin ma tâche d’ouvrier.

Aux matins de printemps, par les bois et la plaine,
Tu conduisais mes pas lorsque j’étais enfant.
Sous tes yeux je courais jusqu’à perdre l’haleine,
Puis je venais t’offrir mon butin, triomphant.

Aujourd’hui comme alors, j’ai cueilli parmi l’herbe
Les plantes dont l’éclat m’a paru le plus beau,
Et pour toi, comme alors, j’ai lié cette gerbe :
Mais je l’apporte, hélas ! au marbre d’un tombeau.





CHANT DE GUERRE RUSSE




Allons, mon beau cheval ! Voici les saintes guerres !
            Courons du Pruth à Marmora !
            Sous les palais des janissaires,
                 Dans les ondes amères
            Mon beau cheval se baignera.

Le pope du village a levé la croix grecque,
            La divine croix du Seigneur !
            Depuis Bagdad jusqu’à la Mecque,
De Médine à Tchesmé, les Musulmans ont peur.

Vois-tu briller là-bas la coupole arrondie
            Que parmi les hauts minarets
            Fait resplendir Sainte-Sophie ?
                 Par mon sang, par ma vie,
            Cheval, ferme sur tes jarrets !