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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/184

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ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.


TRISTESSE AU JARDIN




Le doux rêve que tu nias,
Je l’ai su retrouver parmi
Les lis et les pétunias,
Fleurs de mon automne accalmi.

     Mon rêve, par les allées,
Cueille des branches d’azalées.

La vigne pourpre aux raisins bleus
Festonne les murs du jardin
Où nichent maints oiseaux frileux
Sous le feuillage incarnadin.

     Mon rêve, par les allées,
Cueille des branches d’azalées.

Dans le bassin qu’elle verdit,
L’eau pleure inconsolablement
Et, mélancolique, redit
Les mors trompeurs de ton serment.

     Mon rêve, par les allées,
Cueille des branches d’azalées.

Automne ! deuil précoce et doux !
Sous le ciel aux feux apaisés,
Les languissantes roses d’août
Gardent l’odeur de tes baisers.

     Voici que par les allées
Meurent les branches d’azalées.