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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/168

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Il pleut sur les monts des bleuets fanés,
De lentes vapeurs traînent sur les monts ;
Les prés sont fauchés, les blés sont glanés ;
Pourquoi souffrons-nous, nous qui nous aimons ?

Sur le profil mou des toits et des arbres
La lune qui naît verse de la cendre,
Et les champs carrés ressemblent aux marbres
D’un grand cimetière où tu vas descendre...

Aimes-tu la nuit, la mort, le sommeil ?
Aimes-tu l’oubli plus que les baisers ?
J’en sais qui n’ont plus l’effroi du réveil !
Viens dormir au fond des bois apaisés.