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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/152

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ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.


Si tu ne veux toujours et vainement sourtnr,
               Choisis vite une blanche épouse
Dont la fleur pour toi seul commence de s’ouvrir.
               De son vierge parfum jalouse.

Celle-là peut aimer, celle-là seulement
               Peut être constante et fidèle,
Et, sans craindre l’oubli de son premier serment,
               Tu vivras heureux auprès d’elle.

Mais n’abandonne pas à d’autres, un seul jour,
               Ton âme tendre de poète,
Ô rêveur qui pourrais prendre pour de l’amour
               Leur étreinte froide et muette !

Parfois, dans leurs regards clairs ou mystérieux
               Tu croiras voir luire une flamme...
Garde-toi ! le reflet est encor dans les yeux,
               Mais le foyer n’est plus dans l’âme.

Oh ! bien fou qui prendrait pour éclairer ses pas
               Ces lueurs trompeuses ou feintes !
Ne te retourne pas ! ne les regarde pas !
               — Ce sont des étoiles éteintes.


(La Jeunesse pensive)





CHANSON




Amants quelle erreur est la vôtre,
Quand vous vous croyez séparés !
Si vos cœurs sont faits l’un pour l’autre,
Tôt ou tard vous vous rejoindrez :