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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/130

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ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.

Il ne bat plus, son cœur aimant...
Dieu ! que ses lèvres étaient pâles !...
La mort m’a pris ce corps charmant,
Svelte ainsi que les digitales.

Depuis, que me font les beaux jours,
Les voix des sources bruissantes,
Et les prunelles de velours,
Et les paroles caressantes ?
J’irai toujours désespéré,
Subissant les douleurs fatales...
Jusqu’à l’heure où, las, je boirai
Le suc mortel des digitales !


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LES VIOLETTES





Je t’apporte des violettes.
Accepte-les comme autrefois,
Quand nous les cueillions dans les bois,
Si fraîches sous leurs gouttelettes.
Mignonne, ainsi qu’au premier jour
De notre inaltérable amour,
Je t’apporte des violettes.

Elles ornaient ta gorge pleine,
Tes seins en étaient embaumés,
Et quand nous nous étions aimés,
Leur suave et troublante haleine,
Qui ravissait encor nos sens,
Montait, comme un mystique encens,
Du milieu de ta gorge pleine.