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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t4, 1888.djvu/116

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ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.


On y voit les vices gluants :
On perçoit les volutes sombres
Des mauvais instincts remuants,
Qui s’effacent comme des ombres.

Avarice, colère, orgueil !
Une analyse un peu subtile,
Dans le cœur, à chaque coup d’œil
Nous révèle un nouveau reptile.

Et moi, je suis épouvanté
D’avoir vu dans mon âme amère
Tous les monstres qu’eût inventé
L’imagination d’Homère.


(La Cité noire)





UN SONGE



I



Un jour, j’ai vu passer trois ombres dans un rêve,
Trois femmes. L’une avait un habit précieux,
L’autre avait un rayon céleste dans les yeux,
Et la dernière était nue et blonde, comme Ève.

Chacune dit son nom en passant devant moi.
La première parla : « Fils, je suis la Richesse.
Quiconque de ma lèvre obtient une promesse
Devient en ce vil monde aussi fameux qu’un roi. »