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Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t2, 1887.djvu/78

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AUGUSTE LACAUSSADE

1820


Cest à M. Auguste Lacaussade que Sainte-Beuve donnait ce conseil : « Calmez-vous, apaisez-vous. » L’auteur des Épaves appartient en effet à cette famille intellectuelle, aujourd’hui presque éteinte, des révoltés et des mélancoliques, issus de Byron et de Lamartine. Tard venu dans un monde qui ne partageait ni ses amours ni ses haines, il s’aigrit et se contint. Le critique des Lundis disait de lui il y a déjà quinze ans :

« Il a la fibre vibrante ; il a aimé, il aime encore toutes les belles et grandes choses, mais il les a tant aimées qu’elles lui ont, en fuyant, laissé une déception amère, une empreinte cuisante, une sorte de frémissement aigu et nerveux qui retentit dans ses vers. »

M. Lacaussade s’est inspiré des poètes anglais Burns, Cowper et Shelley. Il s’est inspiré de Micklewicz, dont il fut l’ami. À celui-ci il doit ces strophes du Secret qui seront recueillies dans toute Anthologie bien composée… Mais il n’est redevable qu’à son origine et à ses premiers souvenirs de ses plus abondantes inspirations. Né, comme M. Leconte de Lisle, à l’île Bourbon, il a peint, après Bernardin de Saint-Pierre et avant l’auteur du Manchy, la nature magnifique des tropiques. Ses paysages sont constitués par des sentiments plus encore que par des images. Il dédaigne la plastique et ne retient du monde extérieur que des impressions d’autant plus poétiques, selon lui, qu’elles sont plus indéterminées.

Auguste Lacaussade a publié comme poésies : Poèmes et Paysages