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ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.

Quand mon délire m’entraîne,
Je me peins la Volupté
Assise, la bouche pleine,
Sur les débris d’un pâté.

À quatre heures, lorsque j’entre
Chez le traiteur du quartier,
Je veux toujours que mon ventre
Se présente le premier.
Un jour, les mets qu’on m’apporte
Sauront si bien l’arrondir,
Qu’à moins d’élargir la porte
Je ne pourrai plus sortir.

Un cuisinier, quand je dîne,
Me semble un être divin
Qui, du fond de sa cuisine,
Gouverne le genre humain.
Qu’ici-bas on le contemple
Comme un ministre du ciel,
Car sa cuisine est un temple
Dont les fourneaux sont l’autel !

Mais sans plus de commentaires,
Amis, ne savons-nous pas
Que les noces de nos pères
Finirent par un repas ?
Qu’on vit une nuit profonde
Bientôt les envelopper,
Et que nous vînmes au monde,
À la suite du souper ?

Je veux que la mort me frappe
Au milieu d’un grand repas,