Page:Lemerre - Anthologie des poètes français du XIXème siècle, t1, 1887.djvu/430

Cette page a été validée par deux contributeurs.
402
ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.



« Ô Zeus, si je n’ai pas fait un ouvrage indigne,
                        J’ose ici t’en prier,
Daigne approuver d’en haut mon œuvre, fais un signe
                       À ton humble ouvrier ! »

Il disait. Le tonnerre a grondé sur le temple ;
                        La foudre, en éclatant
Aux pieds du trône, annonce à l’œil qui le contemple
                        Que le ciel est content.

Le colosse sacré, que l’éclair illumine,
                         Tout entier a relui ; —
Et Phidias crut voir une tête divine
                        Qui s’inclinait vers lui.


______



LES STATUES GRECQUES

SONNET




Dans le marbre sculpté dort la pensée antique,
Comme dort sous l’écorce une nymphe des bois ;
On croit entendre en lui murmurer une voix ;
On croit voir le pied nu soulever la tunique.

Apollon fait vibrer la lyre sous ses doigts,
La muette harmonie est changée en musique ;
Ses chants font affluer en paix sous le portique
Les dieux-hommes et les hommes-dieux d’autrefois.