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ANTHOLOGIE DU XIXe SIÈCLE.



V


Recevant d’âge en âge une nouvelle vie,
Ainsi s’en vont à Dieu les gloires d’autrefois ;
Ainsi le vaste écho de la voix du génie
Devient du genre humain l’universelle voix…
Et de toi, morte hier, de toi, pauvre Marie,
Au fond d’une chapelle il nous reste une croix !


VI


Une croix ! et l’oubli, la nuit, et le silence !
Écoutez ! c’est le vent, c’est l’Océan immense ;
C’est un pêcheur qui chante au bord du grand chemin ;
Et de tant de beauté, de gloire et d’espérance,
De tant d’accords si doux d’un instrument divin,
Pas un faible soupir, pas un écho lointain !


VII


Une croix ! et ton nom écrit sur une pierre,
Non ! pas même le tien, mais celui d’un époux,
Voilà ce qu’après toi tu laisses sur la terre ;
Et ceux qui t’iront voir à ta maison dernière,
N’y trouvant pas ce nom qui fut aimé de nous,
Ne sauront pour prier où poser les genoux.