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imputant point leurs péchés ; et c’est lui qui a mis en nous la parole de réconciliation.

20 Nous faisons donc la fonction d’ambassadeurs pour Jésus-Christ, et c’est Dieu même qui vous exhorte par notre bouche. Ainsi nous vous conjurons, au nom de Jésus-Christ, de vous réconcilier avec Dieu ;

21 puisque pour l’amour de nous il a rendu victime pour le péché celui qui ne connaissait point le péché, afin qu’en lui nous devinssions justes de la justice de Dieu.



ÉTANT donc les coopérateurs de Dieu, nous vous exhortons de ne pas recevoir en vain la grâce de Dieu.

2 Car il dit lui-même : Je vous ai exaucé au temps favorable, et je vous ai aidé au jour du salut. Voici maintenant le temps favorable ; voici maintenant le jour du salut.

3 Et nous prenons garde aussi nous-mêmes de ne donner à personne aucun sujet de scandale, afin que notre ministère ne soit point déshonoré.

4 Mais agissant en toutes choses comme des ministres de Dieu, nous nous rendons recommandables par une grande patience dans les maux, dans les nécessités pressantes, et dans les extrêmes afflictions ;

5 dans les plaies, dans les prisons, dans les séditions, dans les travaux, dans les veilles, dans les jeûnes ;

6 par la pureté, par la science, par une douceur persévérante, par la bonté, par les fruits du Saint-Esprit, par une charité sincère ;

7 par la parole de vérité, par la force de Dieu, par les armes de la justice, pour combattre à droite et à gauche ;

8 parmi l’honneur et l’ignominie, parmi la mauvaise et la bonne réputation ; comme des séducteurs, quoique sincères et véritables ; comme inconnus, quoique très-connus ;

9 comme toujours mourants, et vivants néanmoins ; comme châtiés, mais non jusqu’à être tués ;

10 comme tristes, et toujours dans la joie ; comme pauvres, et enrichissant plusieurs ; comme n’ayant rien, et possédant tout.

11 Ô Corinthiens ! ma bouche s’ouvre, et mon cœur s’étend par l’affection que je vous porte.

12 Mes entrailles ne sont point resserrées pour vous, mais les vôtres le sont pour moi.

13 Rendez-moi donc amour pour amour. Je vous parle comme à mes enfants ; étendez aussi pour moi votre cœur.

14 Ne vous attachez point à un même joug avec les infidèles : car quelle union peut-il y avoir entre la justice et l’iniquité ? quel commerce entre la lumière et les ténèbres ?

15 Quel accord entre Jésus-Christ et Bélial ? quelle société entre le fidèle et l’infidèle ?

16 Quel rapport entre le temple de Dieu et les idoles ? Car vous êtes le temple du Dieu vivant, comme Dieu dit lui-même : J’habiterai en eux, et je marcherai au milieu d’eux ; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple.

17 C’est pourquoi, sortez du milieu de ces personnes, dit le Seigneur ; séparez vous d’eux, et ne touchez point à ce qui est impur ;

18 et je vous recevrai : je serai votre Père, et vous serez mes fils et mes filles, dit le Seigneur tout-puissant.



AYANT donc reçu de Dieu de telles promesses, mes chers frères, purifions-nous de tout ce qui souille le corps ou l’esprit, achevant l’œuvre de notre sanctification dans la crainte de Dieu.

2 Donnez-nous place dans votre cœur. Nous n’avons fait tort à personne ; nous n’avons corrompu l’esprit de personne ; nous n’avons pris le bien de personne.

3 Je ne vous dis pas ceci pour vous condamner ; puisque je vous ai déjà dit que vous êtes dans mon cœur à la mort et à la vie.

4 Je vous parle avec grande liberté ; j’ai grand sujet de me glorifier de vous ; je suis rempli de consolation, je suis comblé de joie parmi toutes mes souffrances.

5 Car étant venus en Macédoine, nous n’avons eu aucun relâche selon la chair ; mais nous avons toujours eu à souffrir. Ce n’a été que combats au dehors, et que frayeurs au dedans.

6 Mais Dieu, qui console les humbles et les affligés, nous a consolés par l’arrivée de Tite ;

7 et non-seulement par son arrivée, mais encore par la consolation qu’il a lui-même reçue de vous ; m’ayant rapporté l’extrême désir que vous avez de me revoir, la douleur que vous avez ressentie, et l’ardente affection que vous me portez : ce qui m’a été un plus grand sujet de joie.

8 Car encore que je vous aie attristés par ma lettre, je n’en suis plus fâché néanmoins, quoique je l’aie été auparavant, en voyant qu’elle vous avait attristés pour un peu de temps.

9 Mais maintenant j’ai de la joie, non de ce que vous avez eu de la tristesse, mais de ce que votre tristesse vous a portés à la pénitence. La tristesse que vous avez eue a été selon Dieu ; et ainsi la peine que nous vous avons causée, ne vous a été nullement désavantageuse.

10 Car la tristesse qui est selon Dieu, produit pour le salut une pénitence stable ; mais la tristesse de ce monde produit la mort.